Guillaume Gaudin

Je suis maître de conférences en histoire moderne, spécialiste de l’Espagne et de son empire. Dans Penser et Gouverner le Nouveau Monde au 17e siècle. L’empire de papier de Juan Díez de la Calle, commis du Conseil des Indes (L’Harmattan, 2013/ FCE, 2017), je me suis interrogé sur la façon dont la monarchie espagnole gouverner à distance ses possessions américaines. Il y est question de la carrière d’un commis du Conseil des Indes, de son réseau d’informateurs, de la circulation des informations entre les deux rives de l’Atlantique et de la façon dont les savoirs de gouvernement étaient mis en forme à Madrid. En somme, il s’agissait de comprendre comment la monarchie hispanique a construit un espace impérial et colonial.

Mes recherches actuelles portent sur le gouvernement de la monarchie hispanique pris depuis une situation locale et extrême : les Philippines entre 1580 et 1610. Il s’agit de faire une histoire des instruments de communications politiques qui permettent aux formations impériales de se maintenir sur le long terme : j’analyse les lettres et la circulation des agents de la Couronne entre la péninsule ibérique, le Mexique et les Philippines, j’étudie leur relations sociales, les alliances et les conflits politiques. Les groupes étudiés sont autant les gouverneurs, magistrats que les évêques et les religieux.

Dans cette optique, j’anime un projet de recherche international « Vaincre la distance. Acteurs et pratiques du gouvernement des empires espagnol et portugais »  qui a pour objectif d’analyser les dispositifs pratiques de natures politique, culturelle et sociale mis en place par les acteurs du pouvoir pour établir leur domination sur de vastes territoires séparés.

Je peux proposer des sujets de mémoire sur :

  • des biographies de personnages appartenant au dispositif impérial espagnol en Espagne, en Amérique ou aux Philippines (administrateurs, magistrats, religieux, etc.) ;
  • des récits de voyageurs ou de conquistadores en Espagne, en Amérique ou en Asie, plus largement l’histoire de la circulation des savoirs et des informations ;
  • la présence des Chinois à Manille et l’administration de cette population par les Espagnols ;
  • la présence de musulmans aux Philippines et leur perception par les Espagnols ;
  • l’histoire sociale et politique à partir de dossier de procès judiciaires ;
  • l’histoire de la Cour à Madrid, plus spécialement son activité politique ;
  • les représentants des villes américaines ou espagnoles à la cour de Madrid ;
  • les ambassadeurs catalans à la Cour de Madrid ;
  • tout sujet portant sur la dimension impériale de la monarchie hispanique, à partir d’une discussion avec l’étudiant.


Ces sujets peuvent être traités soit à partir de sources imprimées disponibles sur internet ou en bibliothèque depuis Toulouse, soit à partir d’archives disponibles sur internet ou dans les fonds d’archives espagnoles de Séville, Madrid ou Simancas, voir dans les archives nationales des pays latino-américains. En fonction du projet de l’étudiant, par exemple d’effectuer ou non une année de mobilité à l’étranger, le sujet sera adapté à la localisation et l’accessibilité des sources. Il est également possible de penser à des co-directions de mémoire avec des collègues espagnols ou latino-américains.

 Exemples de sujets déjà donnés :

  • La Caraïbe française au début du XVIIe siècle dans les récits de voyage
  • Zamboanga et les relations conflictuelles entre Castillans et musulmans de Mindanao (1570-1640)
  • Une frontière indienne dans la Caraïbe espagnole au XVIIe siècle : la Guajira
  • Représentation du monde arabo-musulman dans le Mexique colonial (XVIe-XVIIe s.)
  • Trajectoires et représentations hispaniques en Asie orientale: Rodrigo de Vivero et le Japon (XVIIe s.)