Jacques Cantier

Mon enseignement et ma recherche se situent depuis une vingtaine d’années à la croisée de l’histoire politique et culturelle. Après une thèse de doctorat sur l’Algérie sous le régime de Vichy, j’ai étudié un certain nombre de figures et de lieux emblématiques de l’imaginaire colonial français (décryptage des fêtes du centenaire de la conquête d’Alger, évolution de l’image de Charles de Foucauld, étude de la production universitaire en contexte colonial...).

L’histoire des intellectuels m’intéresse également. J’ai publié des biographies de Jules Roy et de Pierre Drieu la Rochelle et de nombreuses contributions portant sur la notion d’itinéraire intellectuel ainsi que sur les différents supports de la vie intellectuelle (revues, œuvres, réseaux de sociabilité...).

Je travaille maintenant sur l’histoire culturelle de la France au vingtième siècle. Mon habilitation “Livres, lecteurs et lectures dans la France de la Deuxième Guerre mondiale” situe cette histoire culturelle au carrefour de nombreux champs historiques complémentaires : histoire politique qui se révèle dans la volonté de réglementation et de censure des pouvoirs en place ; histoire économique qui situe la production et la circulation des livres dans un environnement marqué de contraintes ; histoire sociale des pratiques différenciées d’accès à la lecture...

Les recherches que je peux diriger aujourd’hui sont liées à ces différentes problématiques. Le choix des sujets est à établir en fonction des corpus de sources accessibles aux étudiants de master. Des itinéraires intellectuels peuvent ainsi être étudiés à travers la production écrite des protagonistes et grâce à certains fonds conservés par les familles ou les institutions d’archives. L’étude des revues culturelles, scientifiques ou éducatives publiées à l’échelle nationale ou locale fournit également des sources intéressantes.

L’étude des institutions scolaires et universitaires, l’étude des politiques culturelles à l’échelon municipal, départemental ou régional peuvent aussi être envisagées en fonction de l’état des archives. L’étude des pratiques culturelles à la lumière des écrits du for intérieur - journaux, correspondance – constitue enfin une piste intéressante